De Kino à Wopé : comment je suis devenue réalisatrice de fiction à part entière
- Lauren Ransan

- il y a 2 jours
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J’ai toujours fait de la fiction.
Mes tout premiers films, je les ai tournés dans le mouvement Kino à La Réunion. On écrivait, on filmait, on montait dans l’urgence, avec presque rien, et on montrait le résultat le soir même. C’était brut, libre, parfois bancal, mais c’était déjà de la fiction. J’y ai appris l’essentiel : raconter une histoire, faire exister des personnages, prendre des décisions rapides.
En parallèle, j’ai développé un autre pan de mon travail : le documentaire. Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie, puis un master en communication, j’ai naturellement glissé vers des films qui creusaient le passé. 1000 heures à Tromelin, Terre Marronne, Murmures dans les rugissants… Ces documentaires sont nés de la même curiosité qui m’avait menée vers l’archéologie : chercher ce qui est enfoui, écouter les traces, rendre visible ce qui a disparu ou ce qui n’a jamais vraiment été raconté. L’archéologie m’a appris la patience et le respect des couches. Le documentaire m’a permis de prolonger cette démarche par l’image.
Mais la fiction n’avait jamais disparu.
Ce qui a vraiment changé, c’est 2020.
Malgré le Covid, j’ai réalisé mon premier court métrage de fiction en conditions professionnelles. C’était le début d’une nouvelle étape. Avec la création de Wopé !, j’ai commencé à faire de la fiction avec de vrais moyens : équipes, financements, comédiens, temps de préparation. Sentier Paradis, 25€12, la série Somin Gazé, puis Au fond du trou… Ce sont les films de cette période.
Je n’ai pas basculé d’un genre à l’autre. J’ai simplement décidé de prendre la fiction au sérieux, tout en gardant ce que l’archéologie et le documentaire m’avaient appris : observer longtemps, ne pas forcer, laisser les choses émerger.
Aujourd’hui, je continue de naviguer entre les deux. Mais la fiction, elle a toujours été là. Elle a juste attendu son moment pour prendre toute sa place.
Lauren Ransan
Réalisatrice réunionnaise


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